Jacques Delille: Imagination retraces the past, remakes everything that was
Eileen O'Connell: Lament for Art O'Leary

François de Malherbe: Consolation for Mr du Perier

Ps_montparnasse_cem_by_anglofille_f

Your sorrow, du Périer, will be eternal, then?
and the sad conversations
that bring your fatherly love to your mind
will always add to it ?

The unhappiness of your daughter gone down to the grave
through a common death,
is it some maze where your lost reason
cannot find its way?

I know that her childhood was full of charms,
and I have not undertaken,Rose_and_dew_by_shriz_flickr
furious friend, to relieve your pain
with scorn.

But she was of this world, where the most beautiful things
have the worst fate;
and, a rose, she lived as roses live,
the space of a morning.

And then, suppose that according to your prayer,
she could have obtained the favor
of finishing her life with white hair,
what would have happened?

Do you think that, arriving older in the celestial house,
she would have a warmer welcome?
Or that she would feel less the dust of death
and the worms of the coffin?

No, no, my du Périer, as soon as Fate
takes the soul from the body,
age vanishes on the far side of the ship
and does not follow the dead.

...

For myself, a lightning bolt like that
has already struck me twice,
and twice Reason has helped me so well
to resolve it that I no longer need it.

Not that it is not a grief to me that the earth holds
what was so dear to me;
but in an accident with no remedy,
it is no use looking for one.

Death has rigors like nothing else;
one can try pleading with it,
but the cruel one plugs its ears
and lets us weep.

The poor man in his cabin covered with thatch
is subject to Death’s laws;
and the guard who watches the palace gates
cannot protect our kings.

To murmur against Death and lose patience
is the wrong thing to do;
To want what God wants is the only wisdom
that can give us repose.

   --François de Malherbe (1555-1628)

 

Consolation à Monsieur du Périer

Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
Et les tristes discours
Que te met en l'esprit l'amitié paternelle
L'augmenteront toujours !

Le malheur de ta fille au tombeau descendue
Par un commun trépas,
Est-ce quelque dédale où ta raison perdue
Ne se retrouve pas ?

Je sais de quels appas son enfance était pleine,
Et n'ai pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
avecque son mépris.

Mais elle était du monde ,où les plus belles choses
Ont le pire destin,
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.

Puis quand ainsi serait ,que selon ta prière,
Elle aurait obtenu
D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu'en fut-il advenu ?

Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
Elle eut plus d'accueil ?
Ou qu'elle eut moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil ?

Non ,non, mon Du Périer, aussitot que la Parque
Ote l'ame du corps,
L'age s'évanouit au-deçà de la barque ,
Et ne suit point les morts.

Tithon n'a plus les ans qui le firent cigale :
Et Pluton aujourd'hui,
Sans égard du passé les mérites égale
D'Archémore et de lui.

Ne te lasse donc plus d'inutiles complaintes :
Mais songe à l'avenir,
Aime une ombre comme ombre, et de cendres éteintes,
Eteins le souvenir.

C'est bien je le confesse , une juste coutume,
Que le coeur affligé
Par le canal des yeux vidant son amertume
Cherche d'être allégé.

Même quand il advient que la tombe sépare
Ce que Nature a joint,
Celui qui ne s'émeut pas à l'âme d'un Barbare,
Ou n'en a du tout point.

Mais d'être inconsolable ,et dedans sa mémoire
Enfermer un ennui,
N'est-ce pas se haïr pour acquérir la gloire
de bien aimer autrui ?

Priam, qui vit ses fils abattus par Achille,
Dénué de support
Et hors de tout espoir du salut de sa ville,
Reçut du réconfort.

François, quand la Castille, inégale à ses armes,
Lui vola son Dauphin,
Sembla d’un si grand coup devoir jeter des larmes
Qui n’eussent point de fin.

Il les sécha pourtant, et comme un autre Alcide
Contre fortune instruit,
Fit qu’à ses ennemis d’un acte si perfide
La honte fut le fruit.

Leur camp, qui la Durance avait presque tarie
De bataillons épais,
Entendant sa constance, eut peur de sa furie
Et demanda la paix.

De moi, déjà deux fois d’une pareille foudre
Je me suis vu perclus,
Et deux fois la raison m’a si bien fait résoudre
Qu’il ne m’en souvient plus.

Non qu’il ne me soit grief que la terre possède
Ce qui me fut si cher;
Mais en un accident qui n’a point de remède,
Il n’en faut point chercher.

Comments

Feed You can follow this conversation by subscribing to the comment feed for this post.

The comments to this entry are closed.